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Est ce qu'on guérit des TCA ?
L’expérience des associations prouve qu’il est possible de se sortir des TCA et de retrouver pleinement le goût de vivre. Néanmoins, il s’agit d’un long chemin que seule la personne atteinte de ces problèmes peut décider de faire. Une des façons de s’en sortir est la thérapie par la parole pour remonter aux sources de la souffrance et trouver d’autres façons de gérer cette souffrance. Cela prend du temps. Et la décision de s’engager dans ce chemin appartient strictement à la personne anorexique. Nul autre ne peut choisir à sa place quand et comment se mettre en route
Est ce qu'il reste des séquelles lorsque l'on guérit d'un TCA ?
Sur le plan physique, sauf à ce que les fonctions vitales de la personne aient été durablement endommagées par la malnutrition, l’amaigrissement lui même lié à l’anorexie est parfaitement réversible, ainsi que ses conséquences visibles (aménorée, pilosité, frilosité…). Le recours intensif aux vomissements pour les boulimiques présente des risques propres dont il faut être alerté même si l’état physique de la personne paraît « normal » : dents abîmées, perte de cheveux, carences diverses, perte de potassium induisant aussi des risques d’arrêt cardiaque… dans tous les cas, seul un bilan médical permet de faire le point sur l’état exact de la personne.
Sur le plan psychologique, le travail de psychothérapie permet à la personne qui a souffert d'un TCA de retrouver confiance en elle et joie de vivre.
Sur le plan comportemental, on mesure aujourd'hui que le rapport à la nourriture reste durablement modifié, même s'il ne conduit plus à des conduites restrictives ou compulsives, par le TCA.
Qu'est ce que l'hyperphagie et en quoi est ce différent de la boulimie ?
L'hyperphagie est un Trouble des conduites alimentaires ("Binge Eating Disorder" ou Syndrome d'hyperphagie incontrôlée (Spitzer et al., 1993)).
Les "crises" d'hyperphagie (hyperalimentation) sont caractérisées par la prise, en une courte période de temps (moins de deux heures), d'une quantité de nourriture dépassant notablement ce que la plupart des personnes mangent dans le même temps et les mêmes circonstances. La personne n'a pas l'impression d'avoir le contrôle de sa prise alimentaire ni la possibilité de s'arrêter.
Les prises alimentaires sont solitaires afin de cacher aux autres les quantités ingérées, d'où in fort dégoût de soi, ou de grande culpabilité après avoir mangé.
Ce comportement est source d’une souffrance marquée.
On parle d'hyperphagie s'il survient en moyenne au moins 2 fois par semaine sur une période de 6 mois (source DSM IV).
L'hyperphagie se distingue de la boulimie par l'absence de contrôle du poids et donc l'absence de comportements compensatoires (vomissements, sports, laxatifs....).
Une des particularités de l’hyperphagie est de concerner autant les hommes que les femmes.
Les personnes souffrant d’hyperphagie consultent moins un psy que dans les autres troubles alimentaires. Elles se tournent plutôt vers un généraliste ou un nutritionniste.
en majorité pour des problèmes physiques consécutifs au surpoids ou à l’obésité : maladies du cœur, hypertension artérielle, taux élevé de cholestérol, diabète de type 2, apnée du sommeil, insuffisance respiratoire…
Peut on hospitaliser quelqu'un contre son gré ?
L’hospitalisation d’une personne majeure ne peut se faire contre sa volonté. Une exception : l’hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT), très encadrée par le code de la santé publique afin d’éviter les hospitalisations abusives. L’article L 3212 du code de la santé publique stipule notamment que :
« une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur demande d’un tiers que si : 1/ les troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2/ son état impose des soins immédiats assortis d’une surveillance constante en milieu hospitalier. La demande d’admission est présentée soit par un membre de la famille du malade soit par une personne susceptible d’agir dans l’intérêt de celui-ci (…). La demande d’admission est accompagnée de deux certificats médicaux datant de moins de 15 jours et circonstanciés attestant que les conditions prévues sont remplies (…). »
L’HDT a déjà été utilisée dans le cas d’anorexies mentales mettant en danger la vie des malades (dénutrition sévère, état de santé présentant un risque vital) mais c’est toujours une décision difficile à prendre et contestable, compte tenu de la violence ainsi faite à la personne souffrant d’anorexie. C'est pourquoi on essaiera toujours d'éviter autant que faire se peut d’en arriver à telle extrémité. nénamoins, c'est parfois la "moins mauvaise solution" pour préserver la vie d'une personne. Il faut en discuter avec un médecin pour prendre une décision à plusieurs.
Quelles différences entre les différents "psys" ?
Le psychiatre est un médecin spécialiste. Il a fait des stages prolongés dans des services recevant des malades mentaux, mais il peut intervenir aussi, en clientèle libérale, auprès de patients présentant des difficultés plus légères ou passagères (troubles névrotiques, post-traumatiques, etc.). Il n’est donc pas seulement « le médecin des fous ». Il est habilité à prescrire, si nécessaire, un traitement médicamenteux. Il est remboursé par la Sécurité Sociale.
Le psychologue doit être détenteur d’un DESS de psychologie (bac + 5) : il consulte souvent dans les institutions (cmp, hôpitaux, écoles, entreprises…). Dans ce cadre, les consultations sont financées par l'assurance maladie ou les collectivités).
Certains psychiatres et psychologues se sont, en outre, formés à la psychothérapie et exercent la psychothérapie (cette formation n’est pas incluse dans leur formation universitaire de base).
Le psychanalyste travaille sur l’inconscient et le transfert. Il attache une grande importance au passé du patient et notamment à sa première enfance. Il s’intéresse généralement à la personnalité globale, sans s’attarder aux symptômes. La cure psychanalytique est habituellement intense (plusieurs séances par semaine) et longue (plusieurs années). Elle n'est pas prise en charge par l'assurance maladie.
Le praticien en psychothérapie s'est formé à une méthode spécifique, ainsi qu’à la psychopathologie : 7 ans de formation, selon les normes européennes actuelles. Il n'est pas nécessairement médecin ou psychologue ; en revanche, il a effectué un travail approfondi sur lui même (analyse ou thérapie personnelle) ; il se soumet à un contrôle clinique régulier (supervision) et à un code de déontologie spécifique. Beaucoup de méthodes proposent une approche globale, non seulement verbale et « intra-psychique », mais prenant en compte le corps et l’environnement relationnel, passé et actuel.
NB : Le titre de "psychothérapeute" est depuis 2010 réservé aux médecins, psychologues ou psychanalystes ayant suivi une formation en psychopathologie spécifique.
(source FF2P : voir site )
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